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Non, l’influence n’a pas été inventée par les bloggeuses beauté

Publié : 22 Jan 2020Auteur : Laurent MoissonCatégories :
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Non, l’influence n’a pas été inventée par les bloggeuses beauté.

Extrait de Jésus à Kim Kardashian, les techniques pour influencer les masses

Au cours de l’histoire, le pouvoir politique, économique, religieux, n’a pas toujours été exercé de la même façon.

 

 

Beaucoup de nos contemporains regardent les siècles, les millénaires qui nous ont précédés comme des époques grégaires où la violence était le principal moyen des gouvernants pour asseoir et maintenir leur domination.

 

Et c’est parce que nous avons changé, pensent-ils, parce que l’éducation et les valeurs humanistes ont transformé nos codes culturels, faisant de nous des êtres plus conscients, plus doux et civilisés, que nos sociétés sont sorties de ces âges sombres.

Il est probable que la réalité soit tout autre.

 

 

Car, s’ils ont indéniablement joué un rôle dans l’attendrissement des modes de management employés par nos dirigeants, la conscience, le savoir, ou les facteurs générationnels ne sont pas les seuls responsables de ces évolutions. Il n’est même pas certain qu’ils en soient les principaux.

 

En effet, on oublie souvent, dans nos ana- lyses, l’impact considérable de facteurs qui agissent pourtant à plein sur la gouvernance et la culture de leadership de nos sociétés.

 

Ce sont les deux familles de facteurs qui influencent les décisions humaines, des facteurs qui nous font individuelle- ment ou collectivement choisir une option plutôt qu’une autre quand nous devons nous prononcer sur des choix. Ils sont : – les facteurs de décision qui agissent en nous (nos sens, nos hormones, nos biais cognitifs… qui génèrent nos émotions et inspirent beaucoup de nos actions) ; et les facteurs de décision qui agissent hors de nous (les médias, les institutions morales et politiques qui nous informent et façonnent notre vision du monde et nos com- portements en société).

Les premiers (sens, hormones…) n’ont pas changé à travers les âges.

La Rochefoucault disait déjà, en 1664, que « les passions sont les seuls orateurs qui persuadent toujours ».

 

Malgré tous ses efforts pour s’en détacher, l’être humain moderne, celui qu’on croit voir émerger chaque fois qu’une génération veut changer le monde, dispose des mêmes attributs biologiques que celui du Moyen-Âge. Et si la science sait beaucoup mieux décrypter aujourd’hui les mécaniques qui vont engendrer nos décisions, si elle nous invite à nous méfier de nos émotions, un rapide coup d’œil aux polémiques qui pullulent sur les médias sociaux certifie que nous avons toujours autant de mal à prendre du recul avant d’agir ou de nous exprimer.

 

 

Les seconds facteurs qui influencent nos décisions (médias, institutions morales ou politiques) ont, eux, en revanche, beau- coup changé : par leur contenu, mais surtout par leur structure. Nous verrons à quel point les évolutions des mécaniques de fonctionnement des médias, leurs processus de diffusion des informations, impactent les modèles de gouvernance, les tech- niques de management et de communication que les décideurs utilisent pour se faire obéir.

 

Des décideurs politiques, parce que la sphère politique a été la première à modéliser l’exercice du pouvoir, mais aussi les décideurs du monde de l’entre- prise, les managers, dont le poids dans nos sociétés augmente à mesure que le monde des affaires étend son influence sur l’espace civil, sur nos vies de citoyens. Et d’ailleurs, nous nous intéresserons aussi au pouvoir du citoyen-consommateur et des groupuscules d’un nouveau genre qu’il tend spontanément à créer et qui deviennent, eux aussi, des agents de pouvoir avec lesquels il faut compter.